Famille,  Humeurs

Vivre avec une maman malade

Je viens de lire un article sur le blog de Cécile, son article parlait des mamans atteintes de maladies Chroniques. (l’article n’a rien à voir avec le mien, mais il m’a juste fait penser à tout ça)

Ma maman était malade, d’aussi loin que je me souvienne je l’ai toujours vu malade et j’ai toujours connu une vie rythmée par les médecins et les hôpitaux. Quand on me demande ce qu’elle avait exactement je ne sais pas toujours quoi répondre… Diabète, problèmes de tension, tabagisme, asthme,… Tout ça évidemment pas super bien soigné. Parce que ma mère n’aimait pas les hôpitaux et qu’elle avait un caractère de cochon, faut le dire. Elle signait décharge sur décharge. Elle se disputait avec ses médecins qu’elle qualifiait d’incompétents.

Je me souviendrais toute ma vie du jour ou je l’ai entendue expliquer à quelqu’un au téléphone qu’elle avait vu son pneumologue au matin. « Madame si vous n’arrêtez pas de fumer, dans deux ans maximum vous mourrez » la petite fille que j’étais a eu du mal à digérer l’information. J’ai du vivre avec le fait que ma maman savait qu’elle pourrait mourir et me laisser seule derrière elle et en sachant qu’elle avait pris la décision consciemment de continuer à fumer quand même. Je devais avoir une dizaine d’années à ce moment là. Elle me parlait souvent de sa mort. Un jour elle m’a dit « Je veux me faire incinérer, quand tu verras une petite poussière sur ton épaule tu penseras que c’est moi qui te fais un petit coucou » c’est glauque… Mais elle essayait de dédramatiser à sa manière.

Je me souviens de ces périodes ou elle était hospitalisée. Elle n’était jamais hospitalisée moins d’un mois. J’allais parfois chez ma grand-mère, parfois chez ma grande soeur. Je finissait l’école vers 15h30, j’allais la voir jusqu’à la fin des visites vers 20h. Le weekend j’y allais de 14 à 20h et si je n’y allait pas elle pouvait me râler dessus parce qu’elle était seule à cause de moi. Une fois, elle était en chambre commune, elle a supplié le docteur de me laisser dormir là, j’ai trouvé ça fun, j’avais un lit pour moi toute seule, c’était une chambre de 4.

Quand la maladie te force à devenir adulte

J’ai du grandir plus vite que la normale. Je me rendais bien compte à l’école que j’étais plus mature que les camarades de classe. Je les trouvais enfantin et je me disais souvent « mais ils ne connaissent rien à la vie ». Vers 12-13 ans je m’occupais de ma maman seule. Enfin, la kiné venait à la maison, elle m’a appris à faire le drainage lymphatique. L’infirmière venait aussi tous les jours, j’étais leur secrétaire, je leur disais ce que ma mère prenait comme médicaments et en quelle quantité. J’allais faire les grosses courses toute seule, en plusieurs fois avec ma petite trotinette. La pauvre, ma mère pleurait toutes les larmes de son corps s’excusant de m’infliger ça. C’était elle et moi contre le reste du monde.

Ma maman est décédée quand j’avais 14 ans. Bizarrement à ce moment là autour de moi j’entendais des « j’étais là pour elle » or que j’avais eu tellement l’impression d’être seule tout ce temps. Je n’avais pas remarqué la présence de tous ces gens se disant être la pour elle quand j’allais faire les courses ou que je m’occupait d’elle toutes les nuits. Ces fois ou elle téléphonait à ses « proches » en pleurant pour demander de l’aide. Ils étaient tellement occupés avec leur propre vie. C’est sûr qu’après sa mort certains ont voulu se donner bonne conscience. Souvent j’entends aussi « tu étais la préférée ». Ils entendent par là que j’ai été chouchoutée. Oui, certes mais j’en ai bavé, je ne le dis pas ouvertement, je préfère parler des bons moments, je garde le sourire en parlant d’elle. Toujours. Je garde tout ça pour toi qui lis mon blog. Pardon… c’est toi qui prends.. Oui j’en ai bavé mais je ne lui en veut pas. Au contraire, je la remercie de m’avoir appris ce que pouvait être la vie, elle m’a appris à être forte et à assumer.

Psychologiquement ça reste…

Aujourd’hui je me rends compte que ça joue sur ma personnalité. J’ai très peu de patience avec mes enfants par exemple. J’ai du mal avec les réactions « enfantines ». Je sais que chaque enfant à son rythme et que son histoire joue un rôle dans sa façon d’être mais j’ai vraiment du mal à gérer cette partie de moi. J’y travaille…

Pardon, cet article est un peu brouillon, il n’a pas vraiment de sens ni de but précis mais c’est ce qui m’est passé par la tête et j’aime écrire comme ça, sans réfléchir si ça plaira, si ça ramènera des likes… 🙂

Image : Pixabay

7 commentaires

  • stefany54

    Je suis énormément touchée par ton article, j’ai moi-même vécu avec une maman malade qui est tombée dans le coma lorsque j’avais six ans je me suis occupée d’elle comme j’ai pu de l’âge de 4 à 6 ans et demi, ce n’était pas la même maladie mais c’était l’alcoolisme qui l’a emportée. Je comprends totalement ce que tu dis parce que tu parles de te sentir seule car effectivement j’ai fait j’ai connu ce sentiment de solitude et de désespoir. Tu es très courageuse de réussir ainsi bien t’exprimer et c’est très important de pouvoir poser des mots comme tu le fais. Merci de ton magnifique témoignage

    • Kassandra

      Ooh merci pour ce magnifique commentaire, tu m’as donné des frissons.
      L’alcoolisme, le tabagisme… c’est different mais pareil à la fois. C’est tellement destructeur.
      C’est totalement ça, la solitude et le désespoir… étant adulte déjà je pense qu’on doit être démuni face à tout ça mais étant enfant c’est encore pire.
      Ou en tous cas, c’est different.
      Ca m’aide beaucoup de m’exprimer la dessus, heureusement que le blog est la pour ça, en dehors je n’en parle que très peu…
      Merci encore pour ce commentaire <3

  • Latmospherique

    Merci pour ton partage sincère. C’est important d’en parler tu as raison. Ca n’a pas dû être facile à vivre. J’imagine en effet qu’on grandit plus vite quand on est confronté à la maladie très jeune. C’est beaucoup à porter pour un enfant – qui devrait pouvoir compter sur les adultes pour le soutenir dans une telle épreuve.
    Je t’embrasse.

  • Angel's_blog

    Ahh la la comment cet article me touche.. Tu étais très courageuse.. Et comme je comprend ce que tu dis Quand les gens après son décès voulais ce donner bonne conscience.. Pff.. Tu étais une petite fille femme enfant pour le cou et tu peu être fière d’avoir été la pour elle… J’imagine que son décès est dure.. Voir impensable.. J’ose imaginer ma vie sans ma maman. Même si elle m exaspère parfois … Comme ta maman elle fume et refuse d’arrêter… Elle a eu 7 opérations.. Cancer de l’utérus ect..elle est pas a l’abri d’un cancer du poumon.. Pour les pb gyneco, Un peu le même parcours que moi mais en 10 fois pire… moi ma mémoire a décider de ce débarrasser de la période où ma mère était malade. De mes 6 ans à mes 12 ans j’ai aucun souvenir de l’hôpital.. J me souviens juste d’un soir où elle est parti en urgence à l’hôpital et je suis rentré de l’école à 6 ans.. Et y avais personne.. C’est la mamie d’en face qui m’avais receuilli chez elle. Après.. Aucun souvenir.. Pourtant ma mamie elle décéder j’avais 9 /10 ans. Même cancer.. Je me souviens de tout.. De son visage.. De sa maigreur.. De sa perte de cheveux.. De l hopital.. Du jour où j’ai appris son décès.. Mais ma maman.. Aucun souvenir… En tout cas bravo à toi et à la petite fille que tu était. ❤️ Respect ma belle. C’est tellement dure pour des enfants. J le vois quand j parle au miens… 😥

    • Kassandra

      Le cerveau humain est tellement bien fait… C’est fou comme il peut faire en sorte qu’on oublie des choses qui nous traumatise…
      Ooh à 6 ans ça a du être dur dis, tu était si petite…
      C’est sur, les mamans exaspèrent tout le temps mais qu’est ce qu’on est sans elles 🙂
      La cigarette est tellement addictive, je ne fume pas et je ne fumerai jamais mais autour de moi dans ma famille tout le monde fume. Mon frère le jour de sa mort à l’hopital m’a dit en pleurant « promis je vais arreter » il a jamais réussi. Ils fument encore tous… Ca doit etre super dur j’imagine. Mais bon, je pense que si demain on me dit que je dois arrêter le coca zero à vie sinon je meurs je le fait… (c’est la seule addiction que j’ai hihi) enfin bref…
      Merci pour ton commentaire ma belle <3 Il a fallu être courageuse, et grace à ça je suis qui je suis et j'ai appris à être forte, c'est ce qui faut se dire 🙂

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